Miroir biseauté, triple cadre orné de fleurettes, feuilles d’acanthe à chaque angle et frontispice doté de cornes d’abondance surmontées d’une coupe antique, tels sont les éléments décoratifs de ce grand miroir en laiton repoussé inspiré du style Louis XIV.
« Les vierges folles s’entretiennent des plaisirs mondains » – Eau forte – Abraham Bosse – 1633 – BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE QB-201 (29)-FO
« Les vierges folles s’entretiennent des plaisirs mondains » – Eau forte – Abraham Bosse – 1633 – BnF, département des Estampes et de la Photographie, RESERVE QB-201 (29)-FO

Voici le style de décorum tel que redevenu à la mode sous Napoléon III, comme un dernier sursaut de l’art de vivre de l’Ancien régime. Majesté, harmonie et régularité, telles sont les lignes directrices du classicisme français. C’est à cette période que les « Querelles des femmes », à savoir les discussions sur l’inégalité entre les sexes, vont s’affirmer et c’est ce qui transparaît dans cette gravure, à bien y regarder, tout sauf désinvolte. Dans un salon quelque peu désordonné, des « Vierges folles » se livrent à la frivolité. Deux d’entre elles jouent aux cartes, une autre lit une partition de musique. Elles sont interrompues par une quatrième qui tient d’une main une guitare et qui de l’autre leur montre le roman qu’elle est en train de lire. La cinquième se regarde dans le miroir placé au fond, au-dessous d’un tableau représentant Danaé. Au premier plan, à droite, les lampes traînent à terre, et le vase à huile est manifestement vide.
À leur façon, ces nobles dames illustrent les prémices de l’émancipation féminine qui se manifestent en France au XVIIe siècle. L’ enjeu majeur est l’accès à l’éducation, ce dont rend compte la fameuse trilogie de Molière : « Les Précieuses ridicules », « l’École des femmes » et «les Femmes savantes ». Si Abraham Bosse, l’un des meilleurs graveurs et aquafortistes français du XVIIe siècle, qualifient ces femmes de « Vierges folles », c’est précisément parce que la société de son temps critique avec férocité la volonté exprimée par ces dernières de prendre du bon temps et de s’instruire, au lieu de se consacrer exclusivement aux bons soins de leurs époux et à leurs maternités. C’est ce modèle patriarcal dénoncé lors de la Révolution française qui essaiera plus tard de reprendre les pleins pouvoirs, au cours d’un XIXᵉ siècle particulièrement houleux, créatif et mouvementé, passionnant en réalité.

Grand miroir en laiton repoussé – XIXᵉ siècle – France – [ME106]

Miroir biseauté, triple cadre orné de fleurettes, feuilles d’acanthe à chaque angle et frontispice doté de cornes d’abondance surmontées d’une coupe antique, tels sont les éléments décoratifs de ce grand miroir en laiton repoussé inspiré du style Louis XIV.
Grand miroir en laiton repoussé – XIXᵉ siècle – France – [ME106]

Nous sommes sous Napoléon III et le faste du roi Soleil revient en force. Vous avez ainsi sous les yeux une parfaite réédition d’un grand classique du style Louis XIV, l’imposant miroir en laiton repoussé déployant tous ses charmes :

  • la glace centrale d’origine est joliment biseautée
  • le frontispice est orné d’une coupe antique entourée de cornes d’abondance
  • les trois cadres successifs sont entièrement parcourus de motifs floraux
  • les angles relient le tout grâce à de généreux motifs de feuilles d’acanthes.

Pourvus de ces atours, ce miroir en jette par sa taille, par son éclat doré et par le jeu des ses miroirs différemment orientés.

Dimensions
Hauteur : 172 cm, Largeur : 108 cm
Référence : [ME106]

Dans le style antique repris par le classicisme français au XVIIe siècle, ce grand miroir en laiton repoussé présente sur son frontispice une coupe antique entourée de cornes d’abondance.
Dans le style antique repris par le classicisme français au XVIIe siècle, ce grand miroir en laiton repoussé présente sur son frontispice une coupe antique entourée de cornes d’abondance.
Les trois cadres successifs sont maintenus entre eux par de généreux motifs de feuilles d’acanthe qui sertissent chacun des angles.
Les trois cadres successifs sont maintenus entre eux par de généreux motifs de feuilles d’acanthe qui sertissent chacun des angles.

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